Faux pas ou volonté délibérée de préparer le public aux efforts inévitables qui devront être faits ? En tout cas, les signaux envoyés ce week-end sur les retraites par le gouvernement ont semé le doute.
Les partenaires sociaux rappelés à leur sens des responsabilités
L’exécutif prend malgré tout soin de rappeler à ces derniers leurs responsabilités. À l’image d’Amélie de Montchalin, Élisabeth Borne a insisté ce lundi au micro de France Info sur la nécessité de renouer avec l’équilibre. La ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche a même jugé cette exigence plus essentielle qu’hier encore au vu de la situation internationale.
Un levier des cotisations à manipuler avec précautions
Un retour à un âge de 62 ans apparaît donc difficile à envisager tant il serait coûteux et difficile à compenser. La Cour des comptes n’a pas même pas évalué cette piste dans son rapport remis en février à Matignon. Elle s’est contenté de chiffrer la solution intermédiaire, proposée par certains, d’une descente à un âge légal de 63 ans.
Cette option pèserait sur les comptes à hauteur de 4,3 milliard d’euros en 2045. Dans cette hypothèse, d’autres leviers devraient alors être actionnés : le niveau des pensions ou plus probablement celui des cotisations. Mathématiquement, les recettes en seraient améliorées. Un relèvement d’un point génèrerait des rentrées supplémentaires de 4,8 milliards à 7,6 milliards d’euros d’après la Cour des comptes (selon les salariés visés et la part concernée).
Mais les Sages préviennent aussi du risque qu’il y aurait à faire des projections toutes choses égales par ailleurs car un alourdissement des cotisations pourrait avoir « des effets négatifs sur l’économie ».