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Les analyses du Revenu

Non à la clôture automatique des PEL après quinze ans !

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Les PEL, désormais limités à quinze ans, ont perdu leur rendement attractif, forçant les détenteurs à se tourner vers des options moins avantageuses.

Par Christian Fontaine
Publié le 26/09/2025 à 11h00

Publié cet été, le Rapport sur l’épargne réglementée 2024 de la Banque de France comprend une petite bombe passée totalement inaperçue. En page 36, on peut lire : « Entre 2026 et 2030, 36 % des PEL représentant 93 milliards d’euros seraient clôturés. » Le hic ? Ce magot sent le soufre !

1,1 million de victimes 

Pour bien comprendre l’ignominie de la situation, revenons en arrière.

Fin 2010, dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, des banques estiment que le plan d’épargne logement (PEL) leur coûte trop cher. Elles font le siège de Bercy et obtiennent une réforme de l’épargne logement : les plans ouverts à partir du 1er mars 2011 voient leur durée abaissée à quinze ans maximum, contre une durée illimitée auparavant.

Les plans ouverts depuis cette date ne peuvent donc plus profiter d’un taux de rendement élevé ad vitam æternam : la « période de collecte sur le PEL est limitée à dix ans, puis le PEL est clôturé au bout de quinze ans et transformé en livret bancaire imposable », précise La Banque Postale.

C’est pourquoi à partir de mars 2026, 1,1 million de détenteurs de PEL vont voir leur plan clôturer automatiquement, alors qu’ils auraient voulu le conserver pour continuer à profiter de sa rémunération attractive, jusqu’à 2,5 %, soit 47 % de plus que Le Livret A (1,7 %).

La clôture automatique des PEL souscrits depuis le 1er mars 2011 va faire plus d’un million de victimes. Des épargnants souvent modestes qui n’auront pas d’autres choix que de placer leurs économies sur des placements moins attractifs pour eux. Un scandale !

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