Les Français retirent massivement leur argent du Livret A. En novembre 2025, l’encours du placement préféré des épargnants a fondu de 800 millions d’euros pour s’établir à 438,9 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par la Caisse des dépôts. Cette décollecte confirme une tendance amorcée cet été, où les retraits avaient déjà dépassé les dépôts de près de 2 milliards d’euros en septembre.
Cette désaffection s’explique simplement. Le taux du Livret A, fixé à 2,5% depuis février 2023, ne convainc plus. Avec une inflation qui grignote le pouvoir d’achat, le rendement réel net avoisine seulement 0,69% en décembre 2025. Les épargnants cherchent mieux ailleurs, et ils trouvent.
L’assurance-vie récupère la mise
L’assurance vie profite de cette fuite. Le placement a engrangé une collecte nette record de 23 milliards d’euros en 2024, un niveau jamais atteint depuis plus de dix ans. Son encours total dépasse désormais les 2 000 milliards d’euros. Les fonds en euros affichent un rendement moyen de 2,6%, supérieur au Livret A, tandis que certains contrats diversifiés atteignent 3,5% voire davantage.
La fiscalité joue aussi son rôle. Certes, le Livret A reste défiscalisé, mais l’assurance-vie bénéficie d’avantages après huit ans de détention : abattement de 4 600 euros pour une personne seule (9 200 euros pour un couple) et taxation à seulement 7,5% au-delà. Pour les épargnants qui n’ont pas besoin d’une disponibilité immédiate, le calcul est vite fait.
Faut-il vider son Livret A ?
Pas nécessairement. Le Livret A garde ses atouts : disponibilité totale, absence de frais, garantie en capital. Il demeure adapté pour une épargne de précaution, l’équivalent de trois à six mois de dépenses courantes. Mais pour les sommes qui dépassent ce matelas de sécurité, l’assurance vie offre un meilleur rapport rendement-risque, surtout sur un horizon de placement de plusieurs années.
La baisse anticipée du taux du Livret A à 1,5% en janvier 2026 devrait accélérer cette migration des capitaux. Les épargnants ont compris qu’il fallait faire travailler leur argent autrement. L’assurance vie, longtemps perçue comme complexe, redevient une évidence pour qui veut préserver son pouvoir d’achat