Sans budget pour 2026, les entreprises françaises commencent l’année dans une zone d’ombre totale. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui aurait pu rapporter 6 milliards d’euros avec un taux de 5 % pour les chiffres d’affaires entre 1 et 3 milliards d’euros et de 35,3 % au‑delà, est suspendue.
La taxe exceptionnelle sur le fret maritime, appliquée à 12 % sur le résultat d’exploitation moyen 2024‑2025, s’éteint également.
Le crédit d’impôt « industrie verte » (C3IV), représentant jusqu’à 350 millions d’euros selon la taille et la localisation du projet, disparaît. Les exonérations dans les QPV et ZFU‑TE, qui permettaient des exonérations totales d’impôt sur les bénéfices pendant cinq ans et dégressives ensuite, sont elles aussi suspendues.
Au total, ce sont des milliards d’euros de soutiens publics et d’allègements fiscaux qui s’évaporent, avec des conséquences directes pour 2,4 millions d’entreprises et près de 3 millions de salariés.
Même les aides à l’embauche d’apprentis sont limitées aux PME, excluant les grandes entreprises et affectant l’avenir des jeunes en alternance. Les mesures fiscales et incitations économiques clés sont donc en stand‑by, et personne ne sait si elles seront reconduites ou modifiées une fois le budget voté.
Résultat : PME et grands groupes avancent à l’aveugle, gelant projets, embauches et investissements. L’État, incapable de donner un cap, installe une incertitude qui ronge la confiance des dirigeants et étouffe la relance, au moment où la visibilité devrait être la première boussole de l’économie.
En l’absence de cap clair, la France s’offre un début d’année sous tension, entre attentisme, paralysie et risque de décrochage. Est-il encore temps pour redresser la barre ?