Les dirigeants d’entreprises sont exaspérés. Exaspérés d’être sans cesse traités comme des variables d’ajustements.
C’est ce que révèle le dernier baromètre OpinionWay–Grant Thornton–Challenges, qui met en lumière un indice mensuel de confiance patronale en l’économie au plus bas depuis février 2025.
Et comment pourrait-on s’en étonner ?
Allègements de charges remis en cause, contributions supplémentaires évoquées, règles modifiées sans trajectoire lisible… Pour une partie non négligeable de la classe politique, le patron et l’entrepreneur sont les responsables de tous les maux français, alors même que les chefs d’entreprises sont les premiers à accepter de faire plus d’efforts pour le bien commun.
En revanche, l’imprévisibilité des lois, des règles et des normes est la source d’une inquiétude on ne peut plus légitime. Car une entreprise se pilote sur le temps long : investissements, embauches, développement. Propérité rime avec stabilité.
Sans surprise, le baromètre souligne que le manque de visibilité pèse directement sur les décisions, au point de retarder des projets ou de freiner les recrutements.
Le signal envoyé est préoccupant. À force de solliciter les entreprises pour ajuster les comptes publics, on fragilise celles qui créent l’activité et l’emploi.
Dans une économie déjà sous tension, transformer les dirigeants en amortisseurs permanents mine la confiance. Et sans confiance, il n’y a ni investissement durable, ni croissance crédible.