L’annonce imminente des résultats trimestriels du troisième trimestre de Nvidia, ce mercredi 19 novembre, concentre toutes les attentes et toutes les inquiétudes. A mesure que ses performances deviennent le baromètre de l’économie de l’IA, une question se fait de plus en plus pressante : et si une bulle spéculative était sur le point d’éclater ?
Les avertissements se multiplient. Sundar Pichai, le patron de Google, met en garde contre une “irrationalité” qui gagne tout le secteur, Michael Burry a pointé des valorisations “hallucinantes” et les dirigeants de Morgan Stanley et Goldman Sachs invitent à la prudence.
Même Jeff Bezos, pourtant engagé dans une nouvelle aventure IA (Prometheus), admet qu’une bulle existe. Tout en expliquant qu’elle fait partie du processus naturel de l’innovation, celui qui finance massivement, parfois aveuglément, les révolutions technologiques.
Mais attention : une bulle ne remet pas en cause la technologie sous-jacente. L’histoire l’a montré avec l’Internet à la fin des années 90 : l’exubérance irrationnelle a explosé, mais le réseau, lui, a survécu, avant de transformer le monde.
Il en ira de même pour l’IA. Un ajustement pourrait balayer les projets les plus fragiles, pas la dynamique de fond.
C’est pour cela que les résultats de Nvidia font office de véritable baromètre de la tech. S’ils impressionnent, ils nourriront encore l’euphorie. S’ils déçoivent, ils pourraient déclencher un brusque retour à la réalité. Mais dans un cas comme dans l’autre, l’IA ne s’effondrera pas. Elle s’installe durablement.