Est-ce le point de départ d’une révolution fiscale ou une simple discussion sans avenir ?
La question peut être posée alors que les ministres des Finances du G20 se retrouvent ce jeudi à Rio de Janeiro, sous l’impulsion du président brésilien Lula, pour évoquer notamment un projet de taxation des plus grosses fortunes mondiales.
Selon les défenseurs du projet, les très grosses fortunes mondiales sont in fine très peu taxées, alors même que la fortune cumulée du centile le plus riche de la planète aurait gagné 40.000 milliards de dollars en dix ans selon l’ONG Oxfam.
L’économiste français Gabriel Zucman a estimé récemment dans un rapport que la taxation des milliardaires ne dépassait pas 0,3% de leur patrimoine.
Jusqu’à 250 milliards de dollars de recettes
Il ne faut toutefois pas s’attendre à voir un projet se concrétiser à très court terme. Les promoteurs de cet impôt mondial minimal vont en premier lieu de voir composer avec les réserves d’un pays comme l’Allemagne et la franche hostilité manifestée par d’autres, comme les États-Unis.
Enfin, même en cas d’accord a minima sur la question, les défis techniques seront nombreux. Comment pourront-être évaluer les actifs non cotés ? Comment pourra-t-être évitée la fuite vers des pays non collaboratifs ? Une exit tax sera-t-elle assez dissuasive ?
Certes, une taxe minimale de 15% sur les bénéfices des grandes entreprises mondiales a bien été mise en place. Mais il a fallu du temps depuis l’évocation initiale du projet et le cadre final offre des exceptions et des voies de contournement. Le chemin risque bien d’être tout aussi complexe pour la taxe sur les milliardaires.