Chaque jour, du lundi au samedi, recevez le plus punchy et pertinent de l’info des marchés.
Cette trajectoire inclut une part significative de consommation énergétique « importée » via des infrastructures situées à l’étranger, mais répondant aux usages numériques des Français.
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) et l’augmentation exponentielle des usages numériques risquent de faire exploser la consommation électrique des datacenters en France au cours de la prochaine décennie. Selon une étude prospective publiée par l’Agence de la transition écologique (ADEME), si les tendances actuelles se poursuivent, la consommation d’électricité liée aux centres de données pourrait être multipliée par près de 4 d’ici à 2035 et même au-delà si l’on tient compte de la consommation externe nécessaire pour des services numériques utilisés par les Français.
Actuellement, environ 352 datacenters opèrent en France, représentant une consommation annuelle d’environ 8 TWh. L’ADEME estime que ce chiffre pourrait exploser à plus de 105 TWh par an d’ici 2035, soit près de quatre fois la consommation actuelle, si aucune politique d’efficacité énergétique n’est mise en œuvre. Cette trajectoire inclut une part significative de consommation énergétique « importée » via des infrastructures situées à l’étranger, mais répondant aux usages numériques des Français.
Cette évolution s’explique par l’intensification des besoins électriques pour alimenter et refroidir des serveurs toujours plus puissants, notamment ceux dédiés aux calculs liés à l’IA générative ou aux applications de machine learning, qui consomment de grandes quantités d’énergie.
Intelligence artificielle : bulle spéculative ou révolution durable ?
Une telle hausse de la demande électrique pose des défis majeurs pour le système électrique français, déjà confronté à des besoins croissants dans d’autres secteurs (chauffage, mobilité, industrie, etc.). Si cette tendance se confirme, les datacenters pourraient occuper une part de plus en plus importante du mix électrique national, nécessitant des investissements massifs tant dans les infrastructures de production que dans les réseaux de distribution.
De plus, l’ADEME souligne que les deux tiers de cette augmentation pourraient se produire à l’étranger, dans des pays où les mix électriques sont souvent plus carbonés, ce qui aurait un impact environnemental significatif en termes d’émissions de gaz à effet de serre.
Pour répondre à ces défis, les experts appellent à des politiques publiques ambitieuses en matière de transition énergétique, à une meilleure régulation de la construction et de l’exploitation des datacenters, et à des efforts accrus en matière d’efficacité énergétique et de récupération de chaleur.
Inscrivez-vous et bénéficiez d'un accès gratuit aux contenus Premium pendant 1 mois
Je suis déjà abonné(e) ou inscrit(e) au Revenu, je me connecte