Cette décision fait suite aux nouvelles restrictions chinoises sur l’exportation des technologies liées aux terres rares, annoncées le 9 octobre. Pékin exige désormais une licence d’exportation pour tout produit contenant plus de 0,1% de terres rares d’origine chinoise.
La Chine, qui détient plus de 90% de la production mondiale de terres rares raffinées, utilise cette position dominante comme levier géopolitique. Ces matériaux sont indispensables à la fabrication de composants électroniques, de véhicules électriques et d’équipements militaires. L’annonce de ces surtaxes a provoqué une chute de 2,7% de Wall Street et de 3,56% des valeurs technologiques.
Les enjeux stratégiques du conflit
Cette escalade s’inscrit dans une logique de guerre économique systémique entre les deux premières puissances mondiales. Les droits de douane constituent un instrument que les États-Unis utilisent pour réduire leur déficit commercial chronique de 920 milliards de dollars en 2024 et protéger leurs industries stratégiques.
Le concept de déficit commercial désigne la situation où les importations d’un pays dépassent ses exportations. Les terres rares sont des métaux aux propriétés magnétiques exceptionnelles, essentiels à la transition énergétique. Leur rareté géologique confère à la Chine un avantage stratégique considérable.
La stratégie chinoise de contrôle extraterritorial s’inspire de la Foreign Direct Product Rule américaine, permettant à Pékin d’exercer un droit de regard sur les chaînes de valeur mondiales. Depuis avril 2025, les droits de douane ont atteint des niveaux record, passant de 34% à 145% pour les produits chinois aux États-Unis.
Conséquences pour la France
L’impact direct sur les consommateurs français demeure modéré à court terme. La France importe principalement d’Asie plutôt que des États-Unis, limitant l’exposition aux surtaxes américaines. Cependant, plusieurs secteurs français sont vulnérables.
L’industrie aéronautique, représentant 9 milliards d’euros d’exportations vers les États-Unis, subit ces tensions. Airbus et Safran voient leurs chaînes d’approvisionnement perturbées. La filière viticole, qui exporte 4 milliards d’euros aux États-Unis, risque des mesures de rétorsion.
L’effet de réorientation commerciale pourrait bénéficier aux consommateurs français pour certains produits électroniques, mais créer des distorsions dans d’autres secteurs. Les tensions soutiennent les taux d’intérêt américains, rendant le financement plus coûteux pour les entreprises françaises.
L’inflation importée reste le risque principal. Bien que l’inflation française soit sous contrôle à moins de 1%, une généralisation des tensions commerciales pourrait réactiver les pressions inflationnistes sur les biens manufacturés et composants électroniques, affectant le pouvoir d’achat des ménages français.