La première séance de décembre n’a pas souri aux investisseurs parisiens. Le CAC 40 a clôturé à 8 097 points, en recul de 0,32%, après avoir touché un creux proche de -1% en milieu de journée. Un repli modeste en apparence, mais révélateur d’un marché sur la défensive.
Airbus, lanterne rouge du palmarès
Le géant européen de l’aéronautique a vu son titre dégringoler de 5,81%, à 192,58 euros. En cause : un rappel massif d’environ 6 000 appareils de la famille A320 pour corriger un problème de logiciel de commandes vulnérable aux radiations solaires. Un incident survenu fin octobre aux États-Unis a mis en lumière cette faille.
Airbus s’est voulu rassurant. « La grande majorité des avions concernés a désormais bénéficié des modifications nécessaires. Moins d’une centaine d’appareils restent à traiter », a précisé le constructeur dans un communiqué. De quoi limiter l’impact opérationnel, mais pas la défiance des marchés. Thales et Safran ont subi des dommages collatéraux, reculant respectivement de 2,62% et 1,45%.
Le luxe tire son épingle du jeu
À contre-courant, les valeurs du luxe ont brillé. Kering s’est adjugé 2,29% à 299,50 euros, porté par des rumeurs de recrutement stratégique chez Gucci. Hermès a progressé de 2,24%, confortant son statut de valeur refuge du secteur. Deutsche Bank a d’ailleurs confirmé sa recommandation à l’achat sur le maroquinier, avec un objectif de cours à 2 400 euros.
Cette divergence illustre la polarisation du marché du luxe : les maisons d’exception résistent, tandis que les groupes en reconquête tentent de convaincre.
Tous les regards tournés vers la Fed
Au-delà des mouvements sectoriels, c’est l’attentisme qui domine. Les investisseurs attendent une salve de données économiques américaines cette semaine, notamment l’indice PCE des dépenses de consommation personnelle vendredi, indicateur d’inflation privilégié par la Réserve fédérale.
Les marchés anticipent désormais à 87,6% une baisse des taux de 25 points de base lors de la réunion des 9 et 10 décembre. Bank of America a rejoint ce camp, révisant ses prévisions à la hausse après les signaux accommodants de plusieurs responsables de la Fed.
En zone euro, le PMI manufacturier est retombé à 49,6 en novembre, contre 50 en octobre, signalant un retour en zone de contraction. La France (47,8) et l’Allemagne (48,2) pèsent sur cette dynamique, tandis que l’Espagne et l’Italie affichent une croissance plus robuste.