Dans l’aéronautique, les relations commerciales entre États-Unis et Europe ne sont jamais vraiment revenues à la normale depuis le long contentieux Airbus‑Boeing sur les subventions publiques.
Malgré une trêve conclue en 2021, la montée du protectionnisme américain et les menaces de nouveaux droits de douane ravivent les tensions autour d’un secteur où l’Europe affiche un excédent commercial significatif.
Airbus en première ligne
Avec des milliards d’euros d’exportations vers les États‑Unis, l’aéronautique européenne reste l’une des cibles privilégiées des surtaxes, au même titre que d’autres filières emblématiques comme le vin.
Airbus a toutefois obtenu récemment une exemption des droits de douane américains sur une large partie des avions et pièces détachées, décision saluée par la filière, car elle évite un choc de coûts immédiat sur une industrie massivement tournée vers l’export.
Le groupe s’appuie en outre sur une implantation industrielle aux États‑Unis, notamment avec son usine d’assemblage de Mobile en Alabama, qui lui permet de livrer le marché américain en limitant l’exposition directe à certains tarifs.
Cette relative protection n’efface pas les risques : avec un carnet de commandes record de plus de 8 600 appareils et un objectif d’environ 820 livraisons en 2025, toute remise en cause des exemptions ou tension sur la chaîne d’approvisionnement pourrait peser sur le calendrier et les marges.
Que regarder en Bourse ?
Pour l’investisseur, l’enjeu principal est la visibilité : chaque annonce de droits de douane ou d’accord commercial peut modifier rapidement la compétitivité relative d’Airbus face à Boeing et aux nouveaux entrants comme Comac.
Sur le moyen terme, la solidité de la demande mondiale en avions civils plaide pour la résilience du secteur, mais la surenchère tarifaire augmente la volatilité des valeurs aéronautiques, ce qui impose une surveillance étroite du calendrier politique et des négociations transatlantiques.