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Les rumeurs de rachat de Puma par Anta Sports font flamber le titre à Francfort, mais rien ne dit encore que l’équipementier allemand changera réellement de maillot. Entre appétit chinois, intérêts de la famille Pinault et valorisation déprimée, le dossier s’annonce aussi spéculatif que délicat pour les investisseurs.
Hier, à la Bourse de Francfort, l’action Puma a soudainement pris son envol après la révélation d’informations selon lesquelles Anta Sports étudierait une offre de rachat sur le groupe allemand. Le titre a gagné de l’ordre de 14 à 17%, revenant vers la zone des 19–20 euros, porté par l’espoir d’une prime de contrôle sur une société qui a beaucoup décroché ces derniers mois.
La capitalisation boursière de Puma dépasse à peine les 2,5 milliards d’euros, un niveau jugé attrayant au regard de son statut de troisième grande marque mondiale derrière Nike et Adidas. La chute du cours depuis le début de l’année, sur fond de ralentissement de la demande et de pression concurrentielle, a transformé l’équipementier en cible potentielle pour tout acquéreur doté de moyens financiers importants.
Anta Sports ne sort pas de nulle part : le groupe chinois s’est déjà illustré en reprenant Amer Sports, propriétaire notamment de Salomon et Arc’teryx, confirmant une stratégie assumée de consolidation mondiale du sportswear. Il détient également les droits de Fila sur plusieurs marchés, ce qui lui offre un portefeuille très large allant de l’outdoor technique au sportswear premium.
Un rapprochement avec Puma serait donc cohérent industriellement : Anta renforcerait sa présence en Europe, compléterait ses marques par un acteur historique du football et de la course, tout en réalisant des synergies sur la production, la distribution et le marketing. Pour Puma, l’appui d’un groupe en forte croissance sur son marché domestique pourrait offrir un nouveau souffle après plusieurs années de performance boursière décevante.
Le principal actionnaire de Puma reste Artemis, la holding de la famille Pinault, qui détient près de 29% du capital et continue d’examiner ses options sur cette participation. Plusieurs sources de marché estiment toutefois que la famille Pinault ne serait pas prête à vendre aux cours actuels, jugés trop faibles au regard du potentiel de redressement de la marque.
Les rumeurs ne se limitent pas à Anta : des noms comme Li Ning ou Asics ont été évoqués, même si ce dernier a démenti publiquement tout projet d’acquisition de Puma. Pour l’instant, il ne s’agit que d’explorations et de discussions préliminaires, sans offre officielle déposée, ce qui rend le mouvement du titre extrêmement dépendant du flux de nouvelles, de confirmations… ou de démentis.
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