Conseil

Carrefour : la famille Saadé devient le deuxième actionnaire

Partager

La famille Saadé, qui contrôle l’armateur CMA CGM, vient de prendre une participation de 4% dans le distributeur, ce qui en fait le deuxième actionnaire. Elle entend accompagner Carrefour dans la durée et se dit en soutien de sa stratégie. En Bourse, le titre réagit favorablement et gagne 3% en une semaine. Mais il reste dans une tendance baissière.

Par Olivier Dauzat
Publié le 13/11/2025 à 14h32

La famille Saadé, qui contrôle le groupe CMA CGM, le troisième armateur mondial, a fait son entrée au capital de Carrefour en prenant un ticket d’environ 4%, soit un investissement d’environ 400 millions d’euros.

Parallèlement à cette prise de participation — qui est accueillie favorablement par le Conseil d’administration du distributeur —, Peninsula, la société d’investissement de la famille de l’homme d’affaires brésilien Abilio Diniz décédé début 2024, a vendu sa participation de 8%.

Les deux représentants de Peninsula au Conseil d’administration – M. Eduardo Rossi et Mme Flavia Buarque de Almeida – vont le quitter.

Rodolphe Saadé, le PDG de CMA CGM, fera son entrée au Conseil le 1er décembre en remplacement d’Eduardo Rossi. Il sera aussi membre du comité stratégique du Conseil d’administration.

La société Galfa, contrôlée par la holding familiale Motier (groupe Galeries Lafayette) reste le principal actionnaire de Carrefour, avec une participation de 9,46%.

Notre précédent conseil

Carrefour : des experts pessimistes

Carrefour à la peine

Rodolphe Saadé dit soutenir “la transformation engagée [par Carrefour] qui allie innovation, exigence opérationnelle et responsabilité environnementale”. En intégrant son Conseil d’administration, il entend contribuer “à cette dynamique et accompagner le développement du groupe dans la durée”.

Cette prise de participation intervient à un moment où le distributeur n’a plus la confiance des investisseurs. Son cours de Bourse recule de 1,7% depuis le 1er janvier dernier, de 8% sur un an et de près de 18% en trois ans.

Carrefour est à la peine dans un environnement très concurrentiel qui le met au défi de maintenir ses parts de marché, alors que les baisses de prix rognent ses marges.

Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires de Carrefour a baissé de 1,5% à 22,6 milliards d’euros, pénalisé par les effets de change défavorables en Amérique latine.

Au premier semestre, sa profitabilité s’est inscrite en net recul, avec notamment une marge opérationnelle courante tombée à 1,6%, contre 1,8% au 30 juin 2024. Le résultat net ajusté part du groupe a fléchi de 33% à 210 millions d’euros. Le groupe a aussi accru sa dette financière nette, à près de 7 milliards d’euros, au lieu de 5,4 milliards au 30 juin 2024.

Les actions stratégiques du plan Carrefour 2026 (développement des produits à marque Carrefour et du commerce en ligne, ouverture de magasins de proximité, cession de filiales non stratégiques comme Carrefour Italie, nouvelle alliance européenne sur les achats, etc.) tardent à donner leur plein effet.

L’arrivée d’un actionnaire de poids chez Carrefour sera un facteur de stabilité pour le groupe. Il est d’ailleurs sans doute probable que la famille Saadé cherche à se renforcer, en passant la barre des 5% du capital.

Mais dans l’immédiat, la visibilité nous paraît trop faible pour se renforcer sur le dossier Carrefour. Nous sommes à conserver sur le titre.


Conservez Carrefour [code mnémonique CA] avec un objectif à 14 €.

En savoir plus
Articles réservés aux abonnés