Casino n’a pas encore fini de déployer son plan de relance à l’horizon 2028 qu’il en annonce un nouveau, à l’horizon 2030 cette fois, visant un volume d’affaires de 15,8 milliards d’euros, un excédent brut d’exploitation ajusté après loyers de 644 millions, des économies additionnelles de plus de 150 millions entre 2029 et 2030 et la génération d’un cash-flow libre de 286 millions d’euros.
Pour cela, le distributeur, désormais contrôlé par la société France Retail Holdings (elle-même détenue à près de 85% par le milliardaire Daniel Kretinsky et à 15% par l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière) entend développer de nouveaux concepts au sein des enseignes conservées (Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival et Spar) et rénover la marque Casino qui s’est délesté de la plupart de ses hypermarchés pour se recentrer sur les formats de proximité en zones urbaines.
Mais la direction reconnait que le niveau d’endettement reste incompatible avec un refinancement à moyen terme dans des conditions de marché normales et que la structure financière est inadaptée à la génération de cash-flow. Ainsi, la maison mère France Retail Holdings serait prête à injecter 300 millions d’euros d’argent frais sous réserve d’une issue satisfaisante des discussions du groupe avec ses créanciers.
Forte dilution en perspective pour les actionnaires minoritaires
L’objectif est de renouer avec un niveau de levier (rapport entre la dette et l’excédent brut d’exploitation) inférieur à 1,7 fois d’ici 2029 en réduisant le nominal d’une partie de la dette (par conversion en capital) et le niveau du taux d’intérêt appliqué par les banques.
Rappelons qu’à la fin du mois de septembre, l’endettement net de Casino (1,2 milliard d’euros) se montait à 7,6 fois l’excédent brut d’exploitation, la génération de cash ayant encore été négative de 39 millions sur neuf mois.
Grâce aux réductions de coûts, l’excédent brut d’exploitation ajusté avant loyers progressait toutefois de 13% à 456 millions d’euros. La direction confirme la perspective d’une génération de cash positive pour l’année 2026.
En bourse, ces nouvelles annonces ont été plutôt bien perçues, mais il faut garder à l’esprit que le cours de l’action perd encore 74% de sa valeur depuis le début de l’année et plus de 99% en cinq ans. La perspective d’une nouvelle conversion de dette en capital et d’une augmentation de capital de 300 millions d’euros s’annonce très dilutive pour les actionnaires minoritaires alors que la capitalisation boursière du groupe dépasse à peine 110 millions d’euros. Sur un secteur de la distribution toujours très concurrentiel, le dossier demeure pour le moment beaucoup trop risqué.
Notre conseil
- Restez à l’écart de Casino.
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