Une fois n’est pas coutume, la major du BTP trébuche sur ses comptes. Elle a enregistré un solide niveau d’activité au premier semestre, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7,5% à 11,9 milliards d’euros. A données comparables, l’activité s’est améliorée de 4,3%, grâce à la bonne dynamique des concessions (+3,1%), ainsi que des branches Infrastructures (+7,6%) et Energie Systèmes (+3,2%) au sein des Travaux [les métiers traditionnels du BTP, par opposition aux concessions].
Toutefois, la rentabilité n’a pas suivi. La marge opérationnelle courante d’Eiffage au 30 juin s’est effritée de 0,6 point de pourcentage, à 8,4%. Pour l’expliquer, le groupe invoque curieusement « l’augmentation de 60 millions d’euros de la charge de paiement en actions, consécutive à la forte appréciation du cours de l’action Eiffage durant la période de souscription à l’augmentation annuelle de capital réservée aux salariés ».
Quant au résultat net, il a reculé de 19,4% à 308 millions d’euros, en raison d’une charge d’impôt accrue, due à la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises cette année et prise en charge très majoritairement au cours du 1er semestre. A fiscalité constante, le résultat net part du groupe aurait été de 391 millions d’euros (donc en progrès de 2,3%).
Poids accru de la fiscalité
L’endettement net a baissé de 0,7 milliard d’euros sur 12 mois, à 9,9 milliards au 30 juin (pour des fonds propres totaux de 8,3 milliards).
La visibilité sur l’activité reste satisfaisante. Le carnet de commandes des Travaux s’élevait à 29,5 milliards d’euros au 30 juin, en hausse de 4% sur un an (+2% depuis le 1er janvier dernier) et représentant 17,4 mois d’activités des branches Travaux.
L’avis du Revenu.
Le groupe confirme ses perspectives pour 2025, notamment un chiffre d’affaires en croissance dans toutes les branches des Travaux. Par ailleurs, la marge opérationnelle courante d’Eiffage Energie Systèmes devrait atteindre 6% sur l’ensemble de l’exercice (4,9% au premier semestre). Dans les concessions, le chiffre d’affaires et le résultat opérationnel courant devraient s’inscrire en légère hausse.
En Bourse, le titre Eiffage se traite sans excès 12 fois le résultat net attendu pour l’exercice en cours. Mais les incertitudes politiques en France, le poids accru de la fiscalité et les tensions sur les taux devraient entraîner la poursuite des prises de bénéfices sur un titre qui gagne encore 25% depuis le début de l’année.
Nous sommes à conserver sur Eiffage, avec un objectif à 110 euros.