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Quadient : nouvelle rechute, mais la diversification se poursuit

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Le titre cède 16% en séance, alors que le groupe vient d’annoncer des comptes semestriels en recul, ce qui le conduit à abaisser ses objectifs pour 2025 et 2026. Si les diversifications montent en puissance, c’est l’activité historique de traitement du courrier qui trébuche aux États-Unis. Quadient a déjà souvent déçu dans le passé. Nous restons négatifs sur le titre.

Par Olivier Dauzat
Publié le 25/09/2025 à 14h53

C’est une nouvelle déconvenue pour le spécialiste des équipements de traitement du courrier. Son chiffre d’affaires au premier semestre a baissé de 3,2% à 517 millions d’euros. À données comparables, le repli est sensiblement identique (-3%).

L’’activité historique “Mail” (courrier), représentant encore 63% du chiffre d’affaires global de Quadient et structurellement en décroissance, a souffert d’une forte baisse des ventes d’équipements en Amérique du Nord, sous l’effet d’une base de comparaison exigeante, et des incertitudes macro-économiques aux États-Unis retardant la prise de décision des clients.

Les ventes de “Mail” ont reculé de 8,6% à données comparables de janvier à juin, celles des pôles “Digital” (l’activité logiciels de Quadient) et “Lockers” (gestion de consignes colis) ont progressé de respectivement 7,2% et 11,2%. La montée en puissance de ces deux axes de diversification se confirme donc, d’autant qu’elle s’accompagne d’une hausse des revenus liés aux souscriptions, ce qui représente une source de revenus récurrents.

Côté rentabilité, le résultat opérationnel courant de Quadient s’est replié de 2,5% à 60 millions d’euros, soit un taux de marge de 11,5%, identique à celui du premier semestre 2024. Le groupe se félicite de la solide rentabilité de l’activité « Mail » et de gains de marge significatifs pour « Lockers ».

En revanche, le résultat net part du groupe a reculé de 13,4% à 21 millions d’euros, pénalisé par une forte hausse de la charge d’impôt.

Faible potentiel de croissance

Compte tenu d’un rebond de l’activité “Mail” aux États-Unis qui devrait être moins prononcé qu’initialement anticipé, les dirigeants revoient en baisse leurs perspectives pour 2025, tablant dorénavant sur un léger recul organique du chiffre d’affaires, et un résultat opérationnel courant attendu désormais de “stable à en léger recul” [à données comparables].

Les prévisions précédentes pour 2025 étaient “une accélération de la croissance organique du chiffre d’affaires et de la croissance organique du résultat opérationnel par rapport à 2024”, rappelle la société.

Pour 2026, Quadient suspend ses objectifs d’un taux de croissance organique du chiffre d’affaires de plus de 1,5%, et de plus de 3% pour le résultat opérationnel.

L’avis du Revenu. La mutation du modèle de Quadient peine toujours à convaincre. Les activités de diversification se développent vite, mais le potentiel de croissance du groupe dans son ensemble demeure faible. Les publications financières déçoivent trop souvent. À 8 fois le résultat net attendu pour l’exercice en cours, le titre n’est pas cher. Le rendement est significatif (4%), mais pas exceptionnel non plus. Un intérêt spéculatif pourrait ressurgir dans un scénario de démantèlement.

La montée au capital de l’homme d’affaires Daniel Kretinsky (détenant 24,5% du capital mi-septembre, contre 22,7% fin juillet) est aussi à surveiller.

L’action perd maintenant 29% depuis le 1er janvier dernier, touchant un plus-bas sur un an. Elle garde du potentiel de baisse, et pourrait venir tester ses points bas sur trois ans (11,9 euros) et cinq ans (9,6 euros).

Chiffres clés et ratios boursiers


Nous sommes à l’écart du titre Quadient [code mnémonique QDT], avec un objectif à 12 euros.

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