Son actualité. Premier membre de l’indice CAC 40 à publier ses comptes annuels, le fabricant de semi-conducteurs a électrisé les investisseurs, comme en témoigne le bond de 8,2% du titre le 26 janvier dernier. Les performances financières de STMicroelectronics sont ressorties supérieures aux attentes en 2022, avec des revenus histori-ques de 16,1 milliards de dollars (environ 14,8 milliards d’euros), en hausse de 26,1%. La rentabilité s’améliore nettement : la marge d’exploitation passe de 19 à 27,5% en un an, pour un bénéfice net record et multiplié par deux à 3,96 milliards.
Les dirigeants du groupe anticipent pour cette année un chiffre d’affaires compris entre 16,8 et 17,8 milliards de dollars, faisant ressortir une fourchette de progression de 4,3 à 11%. Le carnet de commandes actuel apporte une visibilité de six à sept trimestres d’activité.
Notre analyse
STMicro rassure sur sa capacité à poursuivre son développement, avec en ligne de mire l’ambition d’au moins 20 milliards de dollars de facturations à l’horizon 2025-2027. Dans un contexte de craintes de dégradation de la conjoncture mondiale, le leader européen du secteur, traditionnellement cyclique, récolte les fruits de son repositionnement sur l’automobile et l’industrie, des marchés à fort potentiel de croissance. L’an dernier, ces débouchés représentaient 62% de ses ventes, une proportion qui a vocation à monter à 70% à l’échéance du plan stratégique. À l’inverse, le groupe franco-italien réduit son exposition à l’électronique et l’informatique, des marchés plus grand public (smartphones, micro-ordinateurs, etc.) qui souffrent après avoir explosé avec le Covid. Montée jusqu’à 24% en 2020, la part d’Apple, son premier client, devrait donc continuer à se réduire, pour passer de 20,5% en 2021 à 15% en 2023, selon UBS. De quoi réduire la décote injustifiée de valorisation dont pâtit STMicro, qui s’échange à 11 fois le bénéfice net prévu cette année, contre des ratios de 15 pour l’allemand Infineon et de 23 pour l’américain Texas Instruments.