Le scénario catastrophe redouté par les marchés n’a pas eu lieu alors que le report de la publication des comptes semestriels de l’éditeur de jeux vidéo pouvait laisser craindre le pire.
Ce report, qui avait entrainé la suspension de la cotation des actions pendant une semaine, ne serait dû qu’à la nomination d’un nouvel auditeur. La société évoque un retraitement comptable entraînant un non-respect du son ratio de levier prévu dans certains accords de financement existants au 30 septembre 2025. Toutefois, cette situation serait en cours de résolution.
Pour le reste, Ubisoft a plutôt annoncé de bonnes nouvelles puisque ses réservations nettes, hors revenus différés (net booking), ont dépassé les attentes au deuxième trimestre de l’exercice 2025/2026 en progressant de 39% à 490,8 millions d’euros grâce à des partenariats plus importants qu’anticipés et à la bonne performance de la franchise Assassin’s Creed.
Le groupe a aussi confirmé le bon déroulement de son programme de réductions de coûts qui doit lui permettre d’économiser 100 millions d’euros entre les exercices 2024/2025 et 2026/2027. Sur le premier semestre 2025/2026, la base de coût a déjà diminué de 69 millions d’euros sur un an, ce qui a permis au résultat opérationnel (selon les normes non-IFRS) de repasser dans le vert à hauteur de 27,1 millions d’euros contre une perte de 252,1 millions un an plus tôt.
Une consommation de cash persistante
Ubisoft était surtout attendu sur son partenariat avec le chinois Tencent. Et là aussi, le groupe s’est montré rassurant en indiquant que la transaction entre les deux groupes était sur la bonne voie et que toutes les conditions suspensives ont été satisfaites.
Rappelons qu’Ubisoft a prévu de créer une filiale regroupant ses meilleures franchises dans laquelle Tencent rentrerait à hauteur de 25% du capital, moyennant une injection de cash de 1,16 milliard d’euros.
Ce montant représente exactement le montant de la dette nette supportée par l’éditeur français à fin septembre. Si bien qu’Ubisoft pourrait repartir sur de meilleures bases. À condition qu’il cesse de consommer du cash !
Or la consommation de trésorerie a doublé en un an pour dépasser 250 millions d’euros sur le premier semestre, ce qui laisse craindre une nouvelle dégradation du bilan d’ici à deux ou trois ans. Pour le troisième trimestre, la direction table sur des réservations nettes de 305 millions d’euros et un résultat à l’équilibre, mais toujours avec un cash-flow libre négatif.
La génération de cash devrait redevenir positive à partir de 2027. Une prévision fragile compte tenu des contraintes pesant sur l’industrie des jeux vidéo, comme la hausse des coûts de développement, le report régulier du lancement des jeux ou encore la baisse du pouvoir d’achat des utilisateurs.
Notre conseil
- Restez à l’écart d’Ubisoft.
- Codes : FR0000054470 et UBI.